Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Dim 4 Juin - 0:17

Nota:
J'ai posté ça il y a quelques temps, ailleurs, mais comme je vous aime pas, j'ai décidé de le rapatrier ici pour vous faire subir mon humour pourri. Twisted Evil


Toute ressemblance avec un ou plusieurs personnages ayant déjà existés, des faits similaires, des situations rencontrées, ne serait absolument pas volontaire, voyons voyons, qu'allez vous donc penser là ...




C'est dans la forêt d'Elwynn qu'il se promène tout seul en ce dimanche matin de printemps. Les mains enfoncées dans les poches et en sifflotant un petit air guilleret, ses godasses de cuir usées et couvertes de boue le font avancer d'un pas tranquille. Il sent les longues herbes encore couvertes de rosée lui mouiller les mollets où on compte quelques petits poils qui apparaissent timidement, et il en est fier, enfin il s'approche d'être un homme !

Le père et la mère sont partis troquer des poulets et des œufs sur le marché, la grand-mère fait la cuisine, et le grand-père est sans doute en train de finir de cuver la 'gnôle maison' de la veille, la joue aplatie contre le fût qui contient son vice liquide.

Pour changer un peu, ce matin il décide de prendre un autre sentier, et en plus il vient d'y apercevoir le cul blanc d'un lièvre qui vient de disparaître dans un buisson là-bas, si seulement il pouvait lui sonner le museau d'un bon coup de fronde, il serait trop fier de le ramener à la maison.

Alors il se fait silencieux et allège ses pas tout en se pressant, bien décidé à retrouver son gibier quelques mètres plus loin en train de fureter. Il quitte le sentier et s'enfonce dans la forêt, sa fronde en main, un caillou de bonne taille dans l'autre, prêt à l'armer.

Une bonne vingtaine de mètres plus loin, après avoir passé tant bien que mal des ronces, des orties et autres fougères, il aperçoit deux bouts d'oreilles velues qui semblent le narguer juste au-dessus d'un petit taillis. En silence, il arme..., il vise..., et <pok>, le caillou percute lamentablement le tronc d'un arbre qui ne tremble pas d'une seule feuille. Le lièvre, quant à lui, détale à ce son, ne laissant à son chasseur que la vue de son postérieur possédé d'empressement !


Ma parole … j'vais t'attraper et tu vas finir en civet dans mon assiette toi !

Rageur et têtu, il se lance à sa poursuite, ramassant son caillou au passage et s'enfonçant un peu plus dans la forêt. Il l'a retrouvé une fois, alors pourquoi pas deux ! Puis il calme ses pas, revenant à se confondre au silence pour retrouver sa proie, aux aguets, le pas de velours, prêt à réagir …

Mais soudain il s'arrête et regarde autour de lui. Il s'aperçoit qu'il n'est jamais venu dans ce coin, pourtant, il a crapahuté partout avec ses copains, mais bizarrement, cet endroit ne lui dit rien. Il observe les arbres, lève la tête pour aviser leurs cimes et plisse les yeux à cette petite fumée légèrement verdâtre qui passe un peu plus haut au dessus de sa tête.


Qu'est-ce que c'est qu'ça …
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Lun 5 Juin - 13:03


Il lève le nez, renifle et grimace. Incontestablement, ça pue. Une odeur âpre et indéfinissable au premier abord le fait tousser légèrement … non non, c'est pas une odeur normale ça.

Alors il abandonne la course à son gibier et part vers l'origine de la fumée, s'égarant un peu plus sans même s'en rendre compte dans la forêt de plus en plus fournie dans ce coin là. Jusqu'à ce qu'il aperçoive, enfoncée au milieu de grands arbres, une petite maison à l'air abandonné, sa façade mangée par un lierre dense et épais, un peu grisâtre à certains endroits à force de toiles d'araignées de bonne taille.

Mais pourtant, de sa petite cheminée à moitié cassée, s'échappe bien cette fumée bizarre. C'est certain, là dedans il y a quelqu'un.

Planqué derrière un arbre, il observe en silence et prend le temps de détailler sa trouvaille. Au sol, près de la porte, des traces de pas dans l'herbe couchée. De part et d'autre de cet espèce de petit chemin, des petits morceaux grisâtres allongés, comme des petits os, sans trop pouvoir discerner, d'où il est, ce que vraiment ça peut être.

Sur le côté droit de la maison, l'herbe paraît un peu plus dégagée, laissant entrevoir des fleurs et des plantes jamais vues en Elwynn, et quelques légumes aussi plantés un peu partout dans ce désordre, entre des pots avec des plantes desséchées et crevées,  des petits sacs en toile à moitié remplis, des seaux rouillés et divers outils de jardin qui ont l'air d'être au moins aussi vieux que la maison.

Au milieu de tout ça, un épouvantail trône, planté de travers. Sa paille jaunâtre et mal tressée déborde au travers de vieux vêtements déchirés et en lambeaux, flottants au gré du vent. A la place de la tête, un vrai crâne est posé, dont deux énormes crocs pointus partent de la mâchoire inférieure pour remonter vers les deux orbites. La vue de ce crâne lui flanque un frisson désagréable et il se trouve d'un coup partagé avec l'énorme envie de détaler comme le lièvre pour disparaître au travers des taillis, ou bien aller voir d'un peu plus près de quoi il en retourne. Mais c'est bien trop tentant !

Le cœur à la chamade et le dos rond, se ramassant sur lui déjà pas grand, il se faufile sur un flanc de la maison, sous une fenêtre, et relève lentement la tête, bien décidé à voir ce qu'il se passe là dedans !
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Mar 6 Juin - 16:20

Les carreaux sont crasseux et la plupart d'entre eux laissent entrevoir de lourds voiles foncés et miteux. Seuls quelques trous petits et disparates lui laissent distinguer quelques détails de l'intérieur.

Des petites flammes vacillantes dansent à la pointe de quelques bougies coulantes dispersées dans la pièce. Une pénombre certaine y règne, et il met un certain temps à s’accommoder à ces lueurs pour enfin y discerner un peu plus tout ce qu'il s'y passe. Son champ de vision est extrêmement réduit, et c'est sur la pointe des pieds, tendu de tout son long pour se grandir encore qu'il tente d'en voir un peu plus.

Tout au fond, des flammes lèchent des bûches au milieu d'un âtre rougeoyant, et tout ça surplombé par un chaudron en fonte noire, suspendu par des chaînes et qui dégage cette fameuse fumée qui l'a menée jusqu'ici. Pour sûr, il aimerait bien savoir ce qu'il y a là dedans … D'un côté, au sol, un tas de bois empilé et prêt à passer à la flamme. De l'autre, des ustensiles en fer forgé sont suspendus, des pics, des pinces, une scie, une pelle … et même une lame qui ressemble à un sabre.

Son regard de curieux continue de faire le tour de la pièce, les yeux écarquillés comme si ça allait l'aider à en voir plus dans cette pièce bien trop sombre.

Il voit une table aussi, encombrée de bouteilles de toutes les tailles et toutes les couleurs, certaines sont à moitié vides, d'autres ont des étiquettes avec des chiffres, d'autres encore ont des entonnoirs posés dessus, au milieu de récipients, de spatules et autres ustensiles en bois qu'il ne connaît pas.

Plusieurs meubles bas et poussiéreux font le tour de la pièce, certains sont surchargés de piles de livres, de parchemins roulés et écrasés, d'autres de contenants en verre de formes bizarroïdes. Le peu qu'il peut apercevoir du sol est composé d'un assemblage de bouts de planches usées, avec des écarts irréguliers entre chaque. Il tend le cou pour en voir plus mais se raidit d'un coup au léger bruit qui vient troubler le silence...


< Frfffrrrrrrrrr >


Ça vient d'en haut, aussitôt il  lève la tête, se rabaissant en même temps par réflexe. L’œil noir d'un corbeau tout juste posé là le toise, la tête penchée d'un côté, puis de l'autre, son plumage d'ébène virant au bleuté sous la lumière du soleil. Après quelques longues secondes à s'observer mutuellement, l'oiseau noir ouvre le bec, agitant d'abord sa petite langue, comme s'il le narguait, puis d'un seul coup, il émet un cri lugubre, répété trois fois de suite, trois croassements éraillés qui se perdent dans les airs, semblant ricocher au loin sur les collines d'Elwynn qui emprisonnent la forêt. Un frisson glacé percute sa colonne vertébrale pendant que le charognard prend son envol et disparaît vers la cime des plus grands arbres.

Un silence de plomb retombe alors, accroupi sous la fenêtre il essaie de retrouver son calme, cet oiseau de malheur lui a flanqué la trouille, heureusement que personne n'est là pour voir ça se dit il.
Mais il lui en faut plus pour se décourager, et surtout, il n'en a pas vu assez ! Il se glisse en silence vers la fenêtre d'à côté, espérant trouver un angle de vue qui lui en donnerait plus, sa curiosité étant loin d'être calmée. Se hissant à nouveau sur la pointe des pieds derrière cet autre carreau, il recommence son inspection.

Mais elle s'arrête net, marquée par une lourde pression sur son épaule qu'il sent soudain prise entre des doigts épais et une poigne solide qui l'enserre fermement, une grosse voix accompagnant cet instant de terreur qui serre son cœur.


Qu'est ce que tu cherches donc par ici la fouine ?
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Jeu 8 Juin - 21:05

D'un volte face vif, il se retourne et relève la tête de plus en plus haut jusqu'au visage de la grosse voix. Il est laid, massif, tout vieux et tout fripé, habillé dans des haillons couverts de taches, de longs cheveux grisâtres ébouriffés s'emmêlent dans sa barbe pas entretenue du tout. Il lâche l'épaule du petit gars et lui attrape l'oreille aussitôt, l'étirant vers le haut et l'emmenant vers le seuil de la maison.

Rentre là d'dans .. tu vas m'expliquer c'que tu bricoles par ici ! Vermine !

Rentrant dans la maison avec lui, il le lâche, le pousse en avant et claque la porte d'un geste brusque puis donne deux tours à la clef qu'il retire et glisse dans sa poche. Inspectant le gamin effrayé de ses yeux plissés, il lui tend une main calleuse, paume en l'air et doigts écartés.

Donne.

Sans hésiter, il tire sur sa fronde coincée à côté de son ceinturon et la tend d'une main peu assurée, le vieux lui arrache des mains, la jette au feu, puis pose ses poings sur ses hanches, crachant ses mots d'une voix puissante et énervée.

Alors c'est toi qu'es v'nu casser les carreaux d'là haut hein ? Et qu'est ce tu comptais faire aujourd'hui si j'étais pas arrivé !

Le gamin se cache le visage derrière ses deux bras levés, sentant qu'il va s'en prendre une. Il parle par saccades, la voix pressée et un peu aiguë, pas totalement muée.

C'est pas moi m'sieur, j'ai .. j'ai rien fait ! J'chuis jamais v'nu ici, j'connais même pas ! J'courais un lièvre et … et j'chuis arrivé ici en l'cherchant, c'est vrai m'sieur ! Après j'ai vu la fumée .. alors j'ai r'gardé. Mais j'ai rien fait !

Au mot 'fumée', le vieux s'en va au chaudron, traînant des pieds, puis remue la grosse louche en bois qui en dépasse, surveillant le petit du coin de l’œil, laissant un silence pesant régner dans la pièce, entrecoupé du raclement irrégulier du bois sur la fonte. Figé debout, le gamin le regarde faire, silencieux lui aussi, puis détaille le reste de la pièce, seuls ses yeux bougent ou presque.

Il découvre alors le reste qu'il ne voyait pas, des alambics de toutes formes et de volumes différents, mais aussi des bouquets de fleurs séchées pendues au plafond et tête en bas. Curieusement, elles sont toutes triées par espèce bien distincte au beau milieu du foutoir de tout le reste. Il se tourne légèrement pour mieux les regarder, semblant en reconnaître quelques unes mais ne dit rien, son regard se posant à présent sur une étagère de pots plus que remplie, et poussiéreuse aussi à de nombreux endroits.

A côté et sur le mur, un tableau peint, la seule décoration du lieu. Une femme nue allongée sur des draps rouges, une pose lascive et osée bien éloignée de toutes formes de sagesse. S'il n'était pas dans cette situation déplaisante, sûrement qu'il aurait pris plus de temps pour se rincer les yeux ! C'était bien la première fois de sa vie qu'il en voyait une.

Obliquant légèrement à nouveau, il aperçoit à l'autre extrémité de la pièce un escalier pour l'étage et un autre qui descend. Revenant au vieux qui touille toujours en l'observant, il se décide à rompre ce silence, laissant passer encore de longues secondes pour trouver la phrase intelligente qui pourrait l'aider à le sortir de là. Il a pas l'air commode ce sale vieux !
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Dim 11 Juin - 10:29

Son regard retourne se poser sur les fleurs mourantes accrochées au plafond. Il déglutit lentement puis pointe un bouquet du doigt, puis un autre … puis un autre encore,  lâchant d'une voix un peu tremblante.

Ça, c'est de la pâlerette ! Et ça … c'est la dorépine .. et celui là … euh .. celui là c'est la sang-royal !

Puis il regarde le vieux, son regard apeuré mais empreint de courage malgré tout, la voix fuyante …

Z'êtes … un … herbiste m'sieur ?

Un léger ricanement s'échappe d'entre les dents éparses et jaunies du vieux, ne pouvant pas s'en empêcher en l'entendant. Il regarde les trois bouquets désignés, puis le gamin, les yeux plissés, un peu impressionné du sans faute qu'il vient d'effectuer, peu commun pour un gosse de cet age de savoir ça se dit-il au fond de lui.

Puis, lentement, il enfile des gants en cuir et décroche le chaudron du foyer. La fumée verdâtre emplie à présent la pièce, laissant planer un odeur étrange et âpre, mitigée entre la feuillerêve bouillie, l'odeur du fumier et du vinaigre. Le vieux sort sa clef, ouvre la porte et dépose le chaudron fumant au ras du seuil, puis re-rentre aussitôt en toussant grassement, les bronches encombrées sans aucun doute. Finalement, il se racle la gorge bruyamment et mollarde un glaire épais en direction de la cheminée, à rendre jalouse une huître bien portante et en pleine santé ! Son attention se reporte sur le gamin après ça, qui tousse légèrement lui, mais surtout, exprime un air dégoûté après cette démonstration plus qu’écœurante.

Il se dirige alors à pas traînants vers d'autres bouquets séchés et en désigne deux en regardant le gosse d'un air de défi et curieusement, l'air un peu moins fâché que dans le jardin.


Et ceux là alors ? Dis moi ? C'est quoi ?

Le gosse s'approche de quelques pas hésitants pour mieux les regarder, passant quelques secondes sur un, mais reste bloqué un plus long moment sur l'autre, tordant sa bouche, les sourcils froncés, puis finit par se frotter la nuque et regarde le vieux un court instant, avant de baisser les yeux pour marmonner timidement, en désignant un sur les deux.

Celui là, la vieille elle le met dans le manger, c'est le sauge argenté qu'est dans la montagne, mais l'aut' … j'chais pas m'sieur, j'ai jamais vu j'crois.

Le vieux décroche alors le bouquet inconnu du gamin dans un bruit croustillant de feuilles séchées puis lui tend, l'engageant par ce geste à le prendre. Les yeux toujours plissés, accentuant les rides profondes de son visage, sa voix rauque et éraillée prend le dessus.

Dis moi la vermine, tu sais nager toi ?

Le gosse empoigne le bouquet puis le regarde fixement, content de pouvoir ainsi esquiver les petits yeux vifs et dérangeants du vieux. Malgré tout, il ne comprend pas pourquoi il lui pose cette question d'un coup, alors que ça causait de fleurs. Il relève la tête, l'air ahuri.

Ben oui ? Pourquoi ?
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Mar 13 Juin - 17:52

A cette réponse, un semblant de sourire plus que furtif effleure le visage du vieux. Il ouvre le tiroir d'une commode bancale à côté de lui, farfouille dans des chiffons et tissus qui ont l'air tous aussi crasseux les uns que les autres, puis finit par en sortir une petite arbalète de poing en bois d'étoile sculpté, et un coffret en bois plat et allongé d'une bonne vingtaine de centimètres de long. Il pose l'arme sur la commode et ouvre le petit coffret sous les yeux du gamin, dévoilant cinq petits carreaux aux pointes aiguisées et brillantes. Avec, dedans aussi, une petite fiole vide.

Le gamin reste bouche bée devant le déballage inattendu, ses prunelles brillantes vont de l'arme aux carreaux, des carreaux à l'arme, l'ambiance bizarroïde du lieu totalement estompée tout le temps qu'il détaille l'ensemble. Après de longues secondes admiratives, il semble revenir à la réalité et relève la tête vers le vieux, sentant son regard peser lourdement sur lui. Ce dernier lui adresse un sourire un peu plus franc, édenté et jaunâtre avec un léger ricanement par dessus, venant lui souffler  son haleine tiède et fétide en même temps que ces mots :


Elle est belle hein … tu pourrais même l'avoir si tu veux mon gars, mais … mmh ...

Le vieux pose le coffret ouvert et récupère la petite arbalète, caressant la crosse d'un geste doux, puis la retourne et la tend au gamin, l'invitant par ce geste à la prendre. Il lui retire le bouquet des mains et y pose l'arme.

A ce décor, il suffirait de mettre six mois de plus ou de moins, d'y ajouter les murs de pierre de Forgefer, le grand-père hiver, et on a la même tête de gamin à cet instant précis ! Cette arbalète c'est pour lui ! Il la veut, y a pas moyen .. elle est trop belle. D'un coup il sent le bois poli entre ses paumes, il la caresse lui aussi, mais plus maladroit, plus hésitant … il sait bien qu'il y aura une contrepartie, la vie c'est comme ça ! Ses petits doigts musclés touchent le métal à présent, il est lisse et glacé, d'un noir mat, agréable au toucher malgré tout. La détente est confortable, son poids est raisonnable … à coup sûr le gamin a le coup de foudre pour cette arme ! Il en a même déjà oublié sa fronde qui repose en paix et en cendres, carbonisée au milieu des bûches flamboyantes. Il se voit déjà triomphant, ramenant le gibier fièrement à la maison, comme un homme, un vrai !

La grosse main velue aux ongles noirs vient d'un coup lui voler son rêve, reprenant l'arme sans brutalité pourtant, mais la remballant dans les chiffons crasseux lentement. Elle fourre le paquet de fortune dans son tiroir puis referme le coffret de carreaux pour le ranger à son tour, refermant le tiroir d'un geste sec. Le gamin suit tout ça des yeux, chaque geste jusqu'à la fermeture du tiroir, puis redresse la tête pour capter le regard du vieux, les yeux plein de questions.


Mais … ?

Le vieux désigne alors le bouquet resté inconnu, puis regarde le gosse.


Tu vois ça, c'est d'l'étouffante. Et l'étouffante, faut aller la chercher le long des rivages de la mer, elle pousse au fond d'l'eau salée ... et faut aller la chercher … Et moi, j'peux plus y aller.

A cette dernière phrase, le vieux se tapote la jambe droite en grimaçant, sous-entendant par ce geste que ça lui pose un problème désormais. Le gamin regarde sa jambe, puis revient à ses yeux, pour enfin lâcher d'une voix pressée et enjouée, pensant avoir deviné la contrepartie.

Et moi et moi m'sieur ? J'peux y aller moi ? J'sais nager ! Il faut .. Euh .. Il faut juste me dire c'est où et moi j'y vais ! Moi j'vous en ramène de la touffante !
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Mer 14 Juin - 21:27

Humm …

Il se grattouille alors la barbe rêche dans un crissement en avisant le gamin, l'air d'y réfléchir un peu plus. Mais soudain, la belle de Faol vient rappeler à tout le monde que les douze coups sonnent en ce dimanche de printemps. Il est déjà midi ! Le gosse qui allait en rajouter reste la bouche ouverte sans un son puis regarde la porte d'entrée, puis le vieux …

Euh ...

Ouais, môman elle t'attend, c'est ça ?


Le vieux lâche un ricanement moqueur et cynique à la fois, puis regarde la porte à son tour avant de poursuivre.

C'est ouvert gars. Ben réfléchis alors, si tu veux aller t'baigner et m'en chercher, r'viens me voir et j'te montrerai où qu'c'est qu'elle pousse.

Sur ce, il ouvre le second tiroir de la commode bancale et dévoile un tiroir bondé de cartes enroulées, aux bords usés, certaines même ont des trous, comme bouffées par les mites. Il attrape l'une des plus froissées et la brandit sans même la dérouler, l'agitant lentement sous le nez du gamin.

Là d'dans, j'ai tous les endroits, et même les meilleurs. Si tu r'viens, j'te montrerai ça … mais attention mon gars, tu r'viens tout seul, ou tu r'viens pas. J'aime PAS les mioches !

La dernière phrase, cinglante, met fin à la conversation. Les sourcils épais du vieux se froncent et se  rejoignent en haut de son gros nez où quelques poils gris apparaissent aussi. Son regard perçant suffit à faire comprendre que pas un seul instant il n'a plaisanté. Le gosse, lui, hoche la tête plusieurs fois, les yeux écarquillés, jetant un dernier regard pour le premier tiroir refermé de la commode, celui là même qui contient son 'trésor', puis il tourne les talons, ouvre la porte et se glisse dehors rapidement sans la refermer. Quand le vieux arrive sur le seuil pour récupérer son chaudron, il perçoit des bruits de pas de course, mais le gosse n'est déjà plus là.

En haut du pignon de la maison, l'oiseau noir lisse son plumage luisant à petits coups de bec bien précis. Tranquillement.
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Ven 16 Juin - 23:54

Le lendemain, au même endroit, en début d'après-midi …

Le pas beaucoup plus volontaire que la veille, il entre la petite clairière engoncée au milieu des grands arbres. A peine quelques pas faits à découvert, trois croassements lugubres se font entendre en provenance des plus hauts branchages et au beau milieu d'un tas de feuilles qui frémissent.

Arrivé silencieusement devant la porte, il lève le bras et s'apprête à toquer quand la porte s'ouvre brusquement dans un grincement, ponctué d'un grognement injurieux qui s'arrête net quand le vieux, le sabre à la main, descend les yeux sur le gamin.


Ah c'toi l'mioche ? T'es r'venu finalement hein …

Le vieux ouvre plus grand et le laisse passer, observant quelques secondes derrière lui et autour de la maison, les yeux plissés sur un regard méfiant, sûrement pour vérifier qu'il est bien venu tout seul. Puis, il entre à son tour et claque la porte. Il repose le sabre près de la cheminée puis toise le gosse de haut en bas.

Euh … 'jour m'sieur.

Le gamin se force d'un sourire très hésitant, mais l'acariâtre ne répond pas à ses mots timides et se dirige vers la table d'un pas traînant pour y faire un peu de ménage, déplaçant quelques alambics et autres bouteilles, laissant place à des auréoles aux couleurs étranges et déteintes. Du plat de la main, il balaie quelques résidus indéfinissables qui sont dispersés ça et là, puis se frotte les mains et se les essuie sur le pantalon, visiblement habitué à servir de torchon, vu son état lamentable. Le gamin, lui, se tient d'un côté de la table, ses yeux pétillants allant d'un récipient à l'autre, tentant d'en deviner les contenus mystérieux. Il reste silencieux, n'osant pas parler le premier au bourru qui boitille lentement dans la pièce de peur de le voir se fâcher.

Ce dernier va enfin vers la commode à trésors, ouvre le second tiroir et récupère la carte roulée qu'il avait montrée la veille. Le gosse trépigne intérieurement, impatient d'en savoir plus et bien content de voir que le vieux va tout lui expliquer. Il se voit déjà l'arbalète en mains, le plus fort et donc le futur chef de bande de ses copains!

Lentement, il déroule la carte en mauvais état et attrape une à une quatre bouteilles qu'il pose aux quatre coins, la forçant ainsi à rester à plat et quand même un peu plus lisible, bien que fortement gondolante.

Elle est usée et grisâtre, percée de trous grignotés et semble faite en peau chèvre. Mais les traits restent bien lisibles même si on s'aperçoit immédiatement qu'elle est fabriquée artisanalement. On y reconnaît le sud ouest de la région d'Elwynn et la Marche de l'Ouest et tous ses rivages dessinés jusqu'en bas des Collines de la Dague et des Mortemines. Une seule couleur d'une encre violacée, passée à certains endroits usés, et plusieurs zones sont tracées, tantôt avec des croix, tantôt avec des cercles, des petites flèches aussi sont dispersées à plusieurs endroits, on peut même y voir les épaves échouées grossièrement dessinées. Une écriture difficilement déchiffrable complète à chaque fois chaque zone indiquée. Le gamin regarde ça avec de grands yeux, tentant de repérer les endroits qu'il connaît parmi tout ça.

Le vieux extirpe un monocle sale et rayé d'une de ses poches et se le cale à l’œil droit, le rendant encore plus hideux comme ça, puis il se penche sur la peau et écrase quelques endroits de son index gourd à l'ongle noir de crasse, lâchant de sa voix éraillée...

T'vois les p'tites flèches là p'tit gars ? Ben c'est par là qu'elle pousse, mais attention, on la cueille pas comme ça, faut pas croire … Alors écoute bien, j'vais t'expliquer un peu mieux...
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Mar 20 Juin - 18:07

S'ensuit alors un long monologue au dessus de la carte, le doigt épais partant d'une zone à l'autre avec à chaque fois des explications précises. Là, des gnolls rivepattes à éviter, donc il indique un autre chemin, mais par là attention, des coyotes affamés et rapides, souvent accompagnés par des déchireurs qui tournoient dans les airs, à l'affût de la moindre charogne à finir de désosser.

Tous les champs sont nommés avec à chaque fois leurs spécificités. Les mines aussi, avec leurs kobolds agressifs et toujours en bandes, prêts à fracasser roches et crânes à coups de pioches. Ruisselune évidement est cité aussi, bien qu'un gamin ne risque pas vraiment grand chose en traversant le fief des défias. Mais avant ça, bien sûr, il indique les limons et l'espèce de vortex qui ne cesse d'arpenter la zone cabossée et pierreuse.

Ensuite, il se met à détailler le rivage et toutes les créatures hostiles qui y crapahutent, entre autres, les fameux murlocs qui logent quasiment sur toute la longueur des rivages de la Marche. Puis enfin, il pointe les zones de l'étouffante, toujours au bord du rivage, mais sous l'eau systématiquement. A en voir les zones hachurées et les flèches qui la ciblent, plus on va vers le sud, plus elle prolifère. Finalement, c'est pratiquement à la hauteur des Mortemines que la récolte devient intéressante à ramasser. Et plus on descend le long de Strangleronce, plus l'étouffante se densifie.

Le gamin écoute tout ça dans un silence de cathédrale, hochant la tête frénétiquement pour acquiescer les dires du vieux à chaque fois qu'il relève la tête pour le fixer avec son 'gros œil' effrayant. Le vieux saisit alors parmi ses alambics, un des plus petits, celui qui contient un liquide rouge foncé puis il s'empare d'une plume qu'il trempe allègrement dedans et commence à surligner un chemin déjà tracé sur la carte mais pas mal effacé, remettant ainsi en évidence le chemin le plus sûr pour accéder au rivage en un seul morceau sans se faire agresser ! Une fois fait, il repose le tout puis toise le gamin.


Alors p'tit gars, t'as toujours envie d'plonger après tout ça ?

Il lâche un ricanement cynique, mais le gosse ne lâche rien, buté comme une mule !

Oui j'va y aller ! Et puis j'connais déjà c'chemin là mais …

Le gosse se frotte la nuque en reportant son regard sur la peau et ses détails, puis finit par dire plus bas, dans un soupir ...

Il va m'falloir la journée entière, j'chais pas c'que j'vais raconter à mes parents pour aller là bas …

Le vieux s'esclaffe alors et balance une grosse tape amicale sur l'épaule frêle du gamin qui vacille presque sous le geste qu'il n'a pas vu venir, se rattrapant de justesse au bord de la table pour pas perdre l'équilibre !

Hé ben ! T'as qu'à leur dire qu'tu vas chasser des clampants pour faire la soupe ! Y en a plein l'rivage des clampants, y a qu'à s'baisser pour les attraper tellement qu'y en a !

Le gamin retrouve aussitôt un sourire naturel en plus d'un regard pétillant, bien content d'avoir une excuse imparable pour pouvoir aller jusque là bas ! Le vieux le regarde à nouveau plus sérieusement en enlevant son monocle, laissant une trace ronde ignoble sur ses rides profondes.

Et dis-moi … t'as un canif avec toi ?

Ben … j'ai ça …

Il fouille une poche et sort alors un petit couteau pliant à la lame foncée et irrégulière, puis le tend au vieux qui remet son monocle pour l'inspecter de plus près, grimaçant légèrement, avant de bougonner tout en passant son pouce plusieurs fois dessus.

M'ouais … ça coupe comme mon g'nou ça, tu risques pas d'te blesser au moins, mais c'est pas trop l'but d'un canif. On va commencer par l'aiguiser hein, ça lui f'ra pas d'mal à ton couteau à beurre !

Aussitôt dit, il se tourne vers la 'commode à trésors' et ouvre le premier tiroir, celui là même qui contient la fameuse arbalète et ses carreaux. Il trifouille dedans et en sort une pierre à aiguiser de bonne taille et bien entamée, signe d'un usage régulier. Sûrement pour faire exprès, le vieux laisse le tiroir grand ouvert, laissant en évidence le fameux chiffon crasseux qui cache l'arbalète. Évidement, le gamin louche là dessus, comme s'il pouvait y voir au travers.

Le manche du canif disparaît totalement à l'intérieur de sa grosse main, et d'un geste régulier il commence à aiguiser la lame, l'enduisant au passage de temps en temps d'une sorte d'huile tirée d'une burette de cuivre toute cabossée. Au bout de quelques minutes, il essuie les deux faces de la lame sur sa cuisse, geste visiblement habituel là aussi, puis y passe son pouce plus doucement.


Ah … là ça r'ssemble à un canif !

Il le tend à son jeune propriétaire qui s'en empare aussitôt, tout sourire, puis reprend, tout en retirant son monocle.

Il faut savoir une chose gars, l'étouffante faut pas l'arracher, il faut la couper. Tu vois, y a une grosse tige principale, et de là partent d'autres tiges qui elles, font des feuilles. Tu dois couper tout en bas, entre la première et la deuxième qu'ont des feuilles. Faut faire comme ça si tu veux qu'ça repousse vite. Si tu les arraches, il te faudra attendre au moins deux solstices pour qu'elles repoussent, et ça .. c'est ben tr- …

D'un seul coup, le vieux fait silence et pose un index sur sa bouche, faisant signe au gosse de ne surtout pas parler.
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Jeu 22 Juin - 18:16

D'un geste plus que lent, il attrape l'arbalète enveloppée dans son chiffon, puis le coffret à carreaux. Tout au ralenti, il déballe l'arbalète, puis ouvre le coffret pour en extirper un carreau qu'il arme dans un silence absolu. Le gosse, immobile comme figé dans ce silence de mort le regarde faire sans rien rater du moindre détail, puis il relève la tête et regarde le vieux qui lui, regarde complètement ailleurs, du côté de l'escalier qui monte à l'étage. Là, sur la troisième marche, un rat de bonne taille renifle le bois de l'escalier tranquillement.

Le doigt sur la gâchette, le vieux remonte l'arme à portée de sa vue, vise l'animal et tire. Dans un 'woooooooooshhhhh' qui fend l'air, le carreau transperce l'animal d'un flanc à l'autre et le plante sur la marche, ses quatre pattes s'agitant dans tous les sens en faisant du sur place, faute de pouvoir détaler, des couinements stridents et ignobles emplissant la pièce alors que le poil de l'animal rougit de son sang qui gicle à petits jets, au fur et à mesure des convulsions de son agonie. Finalement, le silence revient enfin, le rat tout mou et tout mort baignant dans son sang, la gueule ouverte.

V'là ! Ça fait un d'moins ! Saloperie va !

A pas traînants, le vieux va récupérer son carreau, tirant d'un coup sec pour le défaire du bois de la marche, puis va vers la cheminée et pousse le rat pour le décrocher et en nourrir le feu qui d'un seul coup se ravive et dévore le corps du petit mammifère dans un crépitement joyeux.

Le gosse paraît rester insensible à cette démonstration cruelle, il regarde le vieux et ajoute juste …


Chez nous, on les mange, la grand-mère elle fait du brouet avec les rats, nous on les jette pas.

Sans lui répondre et tout en le regardant, le vieux essuie son carreau en bas de son maillot, aussi crasseux que tout le reste, et le range dans son coffret, puis remet l'arbalète dans son chiffon et range le tout dans le tiroir qu'il referme enfin.

Bon, qu'est ce qu'on disait … Ah ouais ! T'as compris alors ? Faut la couper entre la première à feuilles et la deuxième à feuilles. Et ensuite, tu l'étales au soleil, sur le sable même, c'est pas grave, pour qu'elle sèche le plus vite possib'e. Le plus compliqué, c'est d'aller la couper au fond d'l'eau, le reste vraiment, c'est du gâteau !

Le vieux passe son doigt sur le dernier tracé rouge de la carte pour vérifier que c'est sec, puis l'enroule et la pousse vers le gamin.

Si tu m'en ramènes une bonne centaine, j'te promets qu'tu seras pas déçu mon gars. T'as vu un peu comment qu'elle marche bien ? Héhé …

Le vieux lui offre alors un sourire jaunâtre et édenté, horriblement laid, mais le gosse lui sourit en retour, hochant la tête en s'appropriant la carte.

J'vais vous ram'ner ça m'sieur, pas demain mais … avant une semaine, j'vous les ramène !

Bon alors attends, si vraiment t'y vas, faut que j'te prête que'qu'chose … bouge pas …

Sur ce, le vieux retourne aux escaliers, mais prend le côté qui descend. Quelques secondes plus tard, des bruits de tiroirs et de portes ouvertes et refermées se font entendre. Le gosse attend sagement, se  plantant devant l'unique objet artistique de la pièce, la peinture de la femme aux seins nus qu'il ne cesse de reluquer, loin d'être insensible à cette position lascive qui lui fait un effet tout bizarre en dedans ….
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Dim 25 Juin - 12:52

Quelques minutes plus tard, il réapparaît avec une paire de grosses lunettes à la main, d'apparence assez vieilles, voire même bien rouillées sur les branches, mais sans aucun doute issues tout droit des mains d'un ingénieur, quelques boulons crantés répartis un peu partout sur la monture. Revenu devant le gosse, il lui tend, un sourcil relevé.

Essaie ça pour voir un peu ?

Le gosse s'empare des grosses lunettes, les regarde sous tous les angles puis les passe finalement, essayant de les ajuster tant bien que mal sur sa petite tête. Le vieux peut pas s'empêcher un rire gras et moqueur en le voyant puis commence à régler les espèces de boulons-rouages, resserrant l'objet d'un peu partout pour l'ajuster à sa taille.

Ben mon p'tit gars, s'tu croises un raptor avec ça, il va t'prendre pour une mouche géante et t'gober d'un seul coup ! AH AH AH !

Puis, un peu plus sérieux, il ajoute de sa voix éraillée …

Fais y gaffe, tu verras, pour voir au fond d'l'eau, y a pas mieux qu'ça !

Le gosse une nouvelle fois hoche la tête, retirant les lunettes, un peu vexé quand même, puis les pose à côté de la carte enroulée sur la table et du canif désormais digne de ce nom !

Alors l'aventurier ? T'as des questions ?

Euh .. oui m'sieur … la touffante, faut en ramener combien alors ? Cent ? C'est ça ?


Ouais ! Pas moins d'une bonne centaine ! Mais si tu suis la carte, en une journée c'est réglé c't'histoire là. Et crois moi, j'l'ai fait plus d'une fois ! Et OUBLIE PAS, ça se COUPE, et ça s'arrache PAS !


J'ai compris m'sieur, j'ai compris …

Ah et encore une chose p'tit gars … s'il t'arrive des embrouilles, j'te préviens, on s'connaît pas.

Le vieux ponctue sa phrase d'un regard sévère et totalement dénué de chaleur pour bien appuyer ses derniers mots. Sur ce, le gamin ramasse son matériel et se dirige vers la porte, un dernier regard sur la flaque de sang séché de la troisième marche, puis se retourne sur le vieux, une main sur la poignée de la porte.

Pas d'main, mais avant une semaine m'sieur, j'les ramènerai !

Quelques secondes plus tard, le jeune aventurier a déjà disparu dans les fourrés, sous l’œil suspicieux de l'oiseau sombre, toujours perché sur le pignon de la maison.

avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Mer 28 Juin - 20:49

Trois jours plus tard, très tôt le matin …

Les lunettes... le canif... les deux sacs... la carte... voilà... la gourde... un bout d'pain... hop ..

Au fur et à mesure qu'il énonce à voix basse, il fourre et empile dans sa besace usée, consciencieusement.  Toutefois, ses gestes sont rapides, comme empressés d'en finir avec ça pour passer à autre chose ! Sans bruit, enfin, il quitte sa chambre, la lanière de cuir de sa besace lui barrant son torse frêle et pourtant aux muscles fins et dessinés. Il sort de la maison endormie, fait un petit détour par le cabanon de son père et y récupère le marteau. Rien de mieux pour éclater un clampant ! Il le garde en mains puis prend la direction de la Marche de l'Ouest.

Tout en repensant aux mots du vieux, il traverse la forêt d'Elwynn qui se réveille tranquillement. Les oiseaux commencent à chanter, les fleurs s'ouvrent lentement à la lumière et quelques gibiers font de furtives apparitions, détalant aussitôt en apercevant le gosse qui marche d'un bon pas. Il garde sa route, aujourd'hui, son but c'est la 'touffante' et l'arbalète ! Bon, des clampants aussi, pour la soupe .. c'est ce qu'il a dit à ses parents, alors il faudra aussi des clampants.

Le soleil est maintenant levé quand il atteint les herbes cramées de la Marche de l'Ouest. Dans les champs asséchés et poussiéreux, il aperçoit au loin quelques coyotes rachitiques qui avancent truffe au sol à la recherche du moindre rat des champs à se mettre sous les crocs. Au dessus, les déchireurs tournoient, prêts à nettoyer même la plus petite des carcasses fraîches qui se présenterait.

Par chance, plusieurs patrouilles de la Colline des Sentinelles vadrouillent dans les chemins autour. Rassuré, il reste sur les chemins fréquentés, tant pis si c'est plus long, au moins il ne se fera pas croquer pense-t-il tout au long de sa marche décidée ! Au loin, il commence à distinguer la silhouette sombre et le toit pointu de l'hôtel de ville de Ruisselune, contrastant avec un soleil puissant qui commence d'ailleurs à le faire transpirer durement. Il s'arrête d'une courte pause pour se désaltérer d'une petite gorgée économisée puis reprend son chemin tranquillement, l'humeur enjouée, persuadé de la réussite de sa mission facile.

Juste après l'entrée de Ruisselune, il bifurque à droite pour éviter de traverser les ruines habitées de la ville dépouillée et descend lentement, longeant la naissance des Collines de la Dague pour enfin surplomber la petite falaise de Longrivage. Sur sa droite, le phare de l'Ouest s'érige comme seul et dernier  rempart avant la ligne d'horizon totalement déserte...

Lentement, il descend la pente bien inclinée et arrive enfin sur le sable chaud. Pas de murlocs ici, seuls quelques clampants laissent des traces de leurs empreintes de pinces bien reconnaissables. Se hissant sur un rocher un peu reculé du rivage, il se déshabille et se prépare tranquillement. Il ajuste ses lunettes et ne garde que son caleçon, s'armant de son canif déjà ouvert et embarquant avec lui le sac en toile pour y stocker son butin végétal. Il range ses affaires bien autour de son sac et descend s'immerger doucement, pris d'un frisson intégral quand il trempe ses pieds dans l'eau froide alors que l'air est déjà bien chaud. Il prend le temps de progresser doucement et moins de cinq minutes plus tard, il nage en toute aisance, d'une apnée régulière et prolongée, s'amusant à regarder le fond de l'eau qu'il découvre pour la première fois, le masque du vieux se révélant drôlement efficace pour la vision sous-marine.

Restant toujours le long des rochers qui plongent dans la mer, il progresse lentement vers Strangleronce, peut être même sans s'en apercevoir plus que ça, totalement absorbé par ce qu'il découvre au fond de l'eau. Enfin, il aperçoit la plante recherchée, il la reconnaît bien et plonge jusqu'à elle … lentement, de son canif bien aiguisé, il incise la tige et la décroche du pied principal. Content de sa trouvaille, il remonte à la surface, retire son masque et la regarde de plus près pour s'assurer. Un large sourire vient illuminer son visage, c'est bien cette plante là, il en est persuadé ! Il la range au fond de son sac, remet ses lunettes et poursuit dans la même direction, distinguant un peu plus loin d'autres de ses plantes, beaucoup plus denses et regroupées.

S'ensuit alors des plongées à répétitions, le sac se gonflant un peu plus à chaque prise récupérée, s'éloignant encore et toujours, insouciant, de son point de départ en contrebas des Mortemines.

avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Sam 1 Juil - 20:46

A plus de la moitié du sac et ses mains fripées de trop de temps dans l'eau, il décide de faire une pause et regagne le rivage. Une fois sur le sable, il prend quelques minutes pour observer cette nouvelle plage et se retourne, assez surpris, pour se rendre compte de la distance qu'il vient de parcourir sans trop s'en apercevoir, allant d'étouffante en étouffante. Amusé malgré lui, il ouvre son sac et en vide le contenu sur un rocher, les étalant soigneusement une par une pour les regarder de plus près, se demandant quand même ce que le vieux pouvait bien faire avec ça.

A quelques mètres de là, un peu plus en arrière, de grands arbres feuillus et bien verts annoncent le début de la forêt de Strangleronce. La végétation y est dense et touffue, totalement opposée à celle de la Marche. Le soleil paraît au zénith, la chaleur est écrasante, sa récolte est déjà bien avancée, encore quelques plongées et il pourra aller tranquillement chasser le clampant avant de rentrer chez lui, bien plus tôt que prévu. Peut être même qu'il aura le temps de porter son précieux butin végétal au vieux grincheux, pour le troquer contre l'arbalète de ses rêves …

Un petit gargouillis d'estomac lui confirme qu'il est bien plus de midi, hélas, ses affaires sont bien loin sur un autre rocher, tant pis, il mangera plus tard se dit-il. Totalement sec et un peu reposé, il rassemble ses plantes en un bouquet qu'il met à l'abri des regards et de la petite brise, il rajuste ses lunettes et retourne à sa plongée, sac vide et canif ouvert en mains. Le cœur joyeux, totalement satisfait de sa mission facile, il retourne s'immerger dans la mer et recommence sa taille sous-marine, incisant les tiges consciencieusement à l''endroit où le vieux lui a expliqué. Tout en remplissant son sac, il se dit que finalement, s'il repère le coin, il pourra revenir régulièrement et peut-être que le vieux pourra même lui troquer d'autres petits trésors, et tous les deux seraient sûrement contents de collaborer.

Revenu une énième fois à la surface pour respirer, il reprend une longue goulée d'air et replonge encore, nageant souplement vers un parterre d'étouffantes bien fourni qu'il vient juste de remarquer.
Au moment où son canif fait céder la tige de sa seconde prise, un bruit étrange et bizarre le fait se retourner vivement. A ce volte face, la seule chose qu'il peut distinguer est un énorme nuage de sable qui s'amplifie juste à côté de lui, venant du fond juste à côté des étouffantes, et le plongeant totalement dans un flou artistique, l'empêchant de distinguer quoi que ce soit, malgré cette eau si claire quelques secondes avant.

Le cœur battant et les yeux écarquillés, il tente de distinguer au moins une ombre, se demandant ce qui va bien sortir de là. Evidemment, il pense aussitôt à un requin ! Expulsant l'air de ses poumons en remontant à toute vitesse, il boit à moitié la tasse et refait surface en toussant, reprenant de l'air comme un dératé, le cœur cognant de cette frayeur pas encore identifiée. Il s'attend à au moins un aileron dans les parages mais rien. Bizarrement l'eau est calme, l'onde paraît à peine perturbée, et pas un seul aileron en vue. Persuadé que ça vient du fond, il pense alors à une grosse anguille qu'il aurait peut être dérangée, ou une sole ensablée et réveillée par sursaut. Retrouvant son calme et son souffle, il retourne en plongée, vaillant, canif ouvert d'une main, sac de l'autre, et retourne à ses étouffantes.

Le nuage de sable s'est presque dissipé, tout paraît calme à présent, il regarde à nouveau tout autour, mais seuls quelques petits poissons colorés sont là à tournoyer, profitant de ce sable remué pour venir gober tout ce qui pourrait les alimenter. Il reconnaît là les lutjans de feu, encore plus beaux sous l'eau qu'en dehors, quand il vient de les pêcher.

Alors qu'il reprend sa taille, toujours en apnée, le même bruit se reproduit sur sa gauche et cette fois il aperçoit une forme allongée d'une bonne vingtaine de centimètres, d'une couleur un peu bleutée, qu'il n'a pas le temps de distinguer totalement, qui vient de la surface et qui s'engouffre directement dans le sable, provoquant exactement le même nuage de sable. Apeuré, il remonte à nouveau en surface à toute vitesse, crachant à nouveau sa réserve d'air au milieu des remous de ses gestes précipités.

A mi-chemin entre le fond et la surface, au milieu de cette eau trouble, il sent soudain une douleur aiguë, similaire à une brûlure intense ou un coup de couteau profond, lui transpercer la fesse droite. D'un cri incontrôlé, il expulse le peu d'air qu'il lui reste, gobant la tasse d'eau salée alors qu'enfin il revient à la surface, en panique totale, se précipitant pour regagner le rivage, lâchant canif et sac dans cette précipitation. A peine arrivé sur le sable, il s'écroule à plat ventre, sa jambe droite comme paralysée par cette douleur, refusant d'avancer et l'empêchant de faire un pas de plus.

D'un dernier réflexe, il se tourne sur le côté opposé à sa douleur pour tenter de comprendre d'où vient le danger et surtout ce qui a provoqué ça. Un peu sonné et le regard loin d'être net au travers de ses lunettes embuées, il distingue une silhouette épaisse, un peu plus loin, debout au bord du rivage.
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Mer 5 Juil - 18:30

Sentant un danger imminent et clairement hostile, il dégage ses lunettes d'une poussée vive de la main et se dresse sur ses genoux en se décalant, faisant face à la silhouette, lui face au soleil et elle, sombre, dans le contrejour. Tentant de récupérer son souffle, perturbé de trouille et de hâte, il se frotte les yeux, gêné par l'eau de mer qui dégouline de ses cheveux, lui pique les yeux et lui empêche une vue nette sur la silhouette.

Mais il distingue de mieux en mieux au fil des secondes …

Culminant autour des deux mètres de hauteur, une femelle orc vêtue d'une robe aux allures ancestrales émet un ricanement sinistre et à l'intonation grave sans lâcher le gamin des yeux. Elle a la peau verte, les épaules larges et son corps est musculeux. Une tignasse longue, d'un noir ébène, est soigneusement lissée et plaquée en arrière, encadrée de deux oreilles pointues et imposantes ornées de petits anneaux en métal brillant. Deux incisives saillantes et pointues partent de la mâchoire inférieure et remontent le long de ses joues. Aussitôt, ce détail percute le gamin et il repense à l'épouvantail du vieux, planté dans son jardin, avec ce crâne grisâtre planté en haut, avec ce même genre de dents, mais là bas, nettement plus longues et grosses.

Légèrement courbée vers l'avant, ces deux bras, aux biceps imposants, légèrement relevés, elle fait tournoyer lentement ses grosses mains, énonçant une incantation imcompréhensible alors qu'une boule lumineuse et bleutée commence à naître entre ses doigts. Au milieu de ces mots au langage inconnu, un cliquetis métallique de bracelets et autres bijoux entrechoqués rythme l'incantation qui d'un seul coup prend une ampleur sérieuse. La lumière diffuse éclaire le bas de son visage verdâtre, projettant des ombres effrayantes autour de ses yeux plissés, offrant au gamin un faciès d'un monstre issu tout droit d'un cauchemar.

L'instinct de survie prenant le dessus, il se remet debout sur ses jambes comme il peut, luttant contre une douleur profonde et persistante qui lui pince méchamment l'intérieur de la fesse, comme si un couteau pointu s'y était planté sans plus en bouger ! Incontestablemet il sait qu'il est la cible vivante et qu'il a tout intérêt à s'enfuir au plus vite, n'ayant aucune chance de riposter en face de cette orque qui gronde des menaces à son encontre.

Faisant demi tour pour reprendre la direction de la Marche de l'Ouest, mais par l'eau, il part en courant, boitillant de sa jambe droite à peine rétablie du choc précédent. Mettant toutes ses forces ultimes dans cette course, il atteint enfin le bout de la petite plage et ses rochers, ceux là même qu'il a longé tout le long de ses petites plongées juste avant. Etonné d'être encore indemne après cette course effrénée, il plonge dans l'eau au plus profond, nageant tout ce qu'il peut pour mettre de la distance entre le danger de la mage et lui. Au bout de longues secondes et de bons mètres parcourus, il remonte à la surface pour prendre son souffle, se retournant vers elle pour savoir si elle n'est pas en train de le courser.

Au même moment, il voit la boule bleue luisante être projetée de ses mains et venir tout droit sur lui. Heureusement, la distance étant plus raisonnable, il a le temps de plonger et de prendre une direction opposée. De sous l'eau, il voit le projectile s'engouffrer avec ce même bruit strident et toucher le fond dans un nuage de sable, provoquant troubles et remous comme les autres fois. Revenu à la surface, il regarde à nouveau en direction de la mage...

A peine le temps de la situer qu'un cri de barbare retentit de la lisière de la forêt. Le gosse et la mage, qui tente d'incanter à nouveau, se tournent ensemble en même temps vers l'origine de cet hurlement.
Perché sur un bélier aux cornes généreuses, un nain bardé de plaques, casqué, bouclier imposant en main droite, épée longue en main gauche et barbe rousse épaisse au vent, charge la femme qui dévie son sort naissant vers lui.

Hélas pour elle, le nain bien lancé se retrouve bien trop près quand elle lâche son sort, celui ci percute le bouclier pour un retour à l'envoyeur fulgurant, projette la mage au travers des airs et l'envoie plusieurs mètres plus loin, s'écraser lamentablement au milieu de l'eau dans un < splash > magistral !

Plus loin au bord de l'eau, le gamin grimpé à présent sur un rocher regarde ce duel, encourageant le nain justicier d'éclats de voix vengeurs, son poing droit levé.

avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Sam 8 Juil - 16:51

S'estimant désormais hors de portée, il ne bouge plus de son gros caillou, bien décidé à voir l'aboutissement de l'affrontement.

Son regard se pose sur l'endroit de la chute de l'orque. Cette dernière sort la tête de l'eau, vociférant sûrement des insultes et des menaces en pointant le nain du doigt. Aussitôt après, elle reprend la même posture avec ses mains, secouant la tête pour mettre en arrière ses cheveux complètement désordonnés à présent.

Grommelant une incantation à nouveau, elle se tourne face au nain qui a sauté de son bélier et qui hurle encore plus fort que précédemment en direction de la forêt, prenant bien garde, lui, de rester sur le sable et de ne surtout pas toucher l'eau, se méfiant du givre. Se ramassant sur lui même, il regarde à nouveau l'orque, bouclier en avant, et il rentre sa tête entre ses épaules, prêt à se faire percuter !

Et comme chacun sait, un nain peut en cacher un autre et ça ne rate pas ! Entendant l'appel de son frère le barbu rouquin, un autre nain déboule à son tour mais sur un griffon lui. Un marteau dans chaque main, le crâne dégarni à l'exception d'une énorme tresse brune qui part du l'arrière du sommet du crâne pour descendre entre ses omoplates. Quant à sa barbe, elle est garnie de deux longues tresses elle aussi, décorées chacune de petits anneaux dorés également répartis. Un gros nez et deux petits yeux vifs enfoncés, en plus d'une mine réjouie d'avoir à confronter cette sale race de peau verte !

A peine le griffon touche le sable que le nain s'en éjecte d'un bond époustouflant, enchaînant avec un tourbillon sur lui-même, ayant déjà repéré des airs la cible verte et hostile qui incante au milieu des flots. Au troisième tour sur lui-même il lâche les deux marteaux l'un après l'autre, poursuivant chacun en parallèle leur tourbillon en direction de l'orque.

C'est une question de fraction de seconde, l'orque parie sur sa rapidité et ne change rien à son incantation, tentant de lancer son sort avant l'arrivée des marteaux. Hélas pour elle une seconde fois, le premier marteau vient lui percuter les tripes et l'envoie valser en arrière tandis que l'autre lui râpe l'épaule, ratant son visage de justesse. Le sort est interrompu tout net, l'incantation et le souffle coupés à l'impact du marteau tournoyant tandis que l'orque sombre à nouveau dans des remous, et bien plus longtemps que la première fois.

Le nain au bouclier ne peut s'empêcher de rire à gorge déployée en voyant l'exploit de son copain de bataille ! Le gosse exulte sur son rocher, sautillant les deux bras levés et continuant d'encourager de sa voix surexcitée et encore aiguë les deux nains vengeurs.

Au beau milieu d'éclaboussures et de grands gestes des bras désordonnés, l'orque tente de refaire surface. Ses vêtements sont lourds et ralentissent tous ses mouvements, plaqués et collés à sa peau. Ses cheveux sont empoissés d'algues engluées venues s'emmêler à cette pauvre tignasse, juste avant tout ça si bien lissée ! Telle la gargouille, elle expulse un jet d'eau avant de cracher à nouveau des insultes postillonnées d'eau salée, mais donnant l'impression malgré tout d'avoir un peu de mal à récupérer son souffle après cette attaque bien portée.

Le nain désarmé profite alors pour entrer en courant dans l'eau, histoire d'aller vite récupérer ses marteaux et en finir pour de bon avec elle. Arrivé à sa hauteur, il lui décoche un bourre-pif digne des plus belles bagarres de tavernes du peuple Nain, sentant au passage le craquement sinistre du cartilage de son nez. Une troisième fois, l'orque valse en arrière et replonge encore sous les acclamations des admirateurs du rivage. Le nain plonge aussi mais à l'opposé, pour récupérer ses deux marteaux qui décorent les fonds marins.
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Jeggan Gorsky le Mar 11 Juil - 0:26

Revenant à la surface, il discerne comme une sorte de sifflement strident, beaucoup plus net une fois sa tête sortie de l'eau. L'orque est remontée avant lui et siffle tout ce qu'elle peut, deux gros doigts d'une seule main coincés entre ses crocs tout en surveillant le ciel … Son visage ruisselle d'eau salée mêlée de sang, son nez complètement tuméfié par le pain du nain ! Son bras éraflé reste le long de son corps, saignant lui aussi au niveau de l'épaule et semblant totalement inerte en plus d'être sûrement douloureux.

Répondant à ce sifflement particulier, une wyverne surgit alors de la lisière de la forêt, émettant à son tour un cri strident à glacer les sangs et vole tout droit en direction de l'orque. Le nain resté sur le rivage alerte son ami en lui hurlant de se protéger le crâne, le gosse lui hurle depuis son rocher pour avertir aussi de l'arrivée de l'ignoble bête violente. La wyverne a une envergure imposante, crocs et griffes sortis et commence à faire des cercles autour de l'orque et du nain trempés.

La peau verte continue à vociférer au milieu de cette cacophonie, ordonnant sûrement à l'animal de l'emporter. La wyverne s'approche au plus près et l'orque s'empare d'une des grosses sangles de cuir qui pend de chaque côté des flancs de l'animal et tente de se hisser ainsi, handicapée par un de ses bras bien blessé. La wyverne continue à émettre des sons menaçants tout en regardant le nain, les yeux révulsés et les crocs proéminents, ses oreilles velues plaquées en arrière, en attitude d'attaque.
D'un seul coup, le poids de l'orque qui se hisse maladroitement d'un seul côté déséquilibre la wyverne qui bascule net du côté du plus lourd, faisant lâcher prise à l'orque qui se retrouve une nouvelle fois sous l'eau … pour la quatrième fois !

Le nain profite pour faire tournoyer un marteau en direction de l'animal qui a repris aussitôt un peu d'altitude, allégé d'un seul coup, mais la bête esquive d'un mouvement agile et le marteau part s'engloutir à nouveau dans les eaux.

Gesticulante et tonitruante, elle s'égosille à nouveau sur l'animal qui revient vers elle et qui, cette fois, ne rate pas le décollage pour enfin la sortir de l'eau. Le nain lui, lui ordonne de revenir, lui balançant son second marteau en guise d'invitation mais la wyverne dévie avec élégance et s'envole définitivement en direction de Grom'Gol.

S'estimant hors de portée et à bonne hauteur, l'orque revient survoler les nains et leur fait une démonstration gestuelle à faire rougir les prêtresses les plus aguerries de la Place Faol d'Hurlevent !
Les nains surenchérissent alors d'un langage vert et cru que la proximité du gamin sur son rocher m'oblige à passer sous silence …. et l'orque disparaît pour de bon cette fois de leur champ de vision.

Le gosse lui, heureux et soulagé, est revenu récupérer ses plantes presque séchées, et a fait demi-tour vite fait pour aller troquer son butin au vieil aigri en fin d'après-midi. Depuis, il ne sort plus sans son arbalète et ses carreaux, rêvant en secret de tuer une wyverne en un tir et en plein cœur !






- F I N -




Petite moralité d'à-propos :

Tant va la cruche à l'eau ... qu'à la fin elle se casse !
avatar
Jeggan Gorsky

Messages : 64
Date d'inscription : 27/05/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Une histoire "d'herbiste" ... en herbe !

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum